Par Romain Treffel.

Nassim Nicholas Taleb a été trader pendant 20 ans à New York et à Londres avant de se consacrer à la philosophie en 2004. Surnommé « le dissident de Wall Street », il possède une conception personnelle du risque qui lui a permis de remporter d’importants succès sur les marchés.
L’idée-force de Nassim Nicholas Taleb : les “cygnes noirs”
Il est devenu financièrement indépendant grâce à ses positions lors du crash de 1987, puis sa stratégie a été à nouveau payante lors de la crise de 2007. La même année, il a publié un essai très original tant sur le fond que sur la forme, Le cygne noir, la puissance de l’imprévisible, qui est devenu un best seller international et a ainsi popularisé sa théorie philosophique. Ce livre est le résultat de la confrontation entre ses réflexions personnelles et son expérience des marchés financiers.
L’essayiste se définit lui-même comme un sceptique empirique, dans la lignée du philosophe de la Grèce antique Sextus Empiricus, de Montaigne, ou de Karl Popper. Son idée-force est que les hommes tendent à surestimer leur capacité à interpréter le réel, donc à anticiper le futur et à en maîtriser les risques. Elle l’a entraîné à se spécialiser dans l’évaluation des risques d’événements rares et imprévus sur les marchés financiers, événements qu’il nomme des « cygnes noirs » en référence à la croyance inattaquable de l’Ancien Monde, avant la découverte de l’Australie, que tous les cygnes étaient blancs.
Nassim Nicholas Taleb : trader et philosophe
À l’instar des marchés financiers, le réel est selon lui formé de longues périodes calmes, prévisibles et continues, entrecoupées par des événements très brefs, brutaux, et imprévisibles (les cygnes noirs) qui ont une très forte rémanence. Les cygnes noirs sont très rares, mais ils sont les événements qui transforment la réalité. Comme ils sont par définition imprévisibles, l’enjeu est, pour le trader comme pour chacun, de se prémunir contre leur survenue. Une solution simple déjà prônée par le sens commun est la diversification, c’est-à-dire « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ».
Nassim Nicholas Taleb est une personnalité exceptionnelle car il combine le meilleur du trader et du philosophe ; c’est pourquoi aussi il ne ménage ni l’un ni l’autre. Le trader est un mouton qui applique sans aucun recul des modèles mathématiques qui pêchent par arrogance épistémique, tandis que le philosophe est un mouton universitaire qui ébauche sans aucun recul des théories qu’il ne prend pas le risque de confronter à l’expérience.
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Sur le web (lien Amazon)
“qui lui a permis de remporter d’importants succès sur les marchés”
Lesquels? Faits, chiffres, études? Tout ceci relève malheureusement du mythe entretenu par le personnage et son fan club.